Cher papa,
Je me surprends aujourd'hui, à 2 jours de la date anniversaire de ton décès, à entreprendre l'écriture de cette lettre.
Voilà déjà 4 ans que tu nous as quittées. J'ai commencé cette lettre en disant que j'étais surprise par ma démarche mais en fait, ce qui me surprend le plus (et qui me fait peur) c'est que plus le temps passe, plus j'ai l'étrange impression de t'oublier. Je sais que ce n'est pas vrai, mais c'est plus fort que moi.
Tu me manques beaucoup et je vais t'avouer une chose : je regrette tous ces moments (trop nombreux à mon goût) où nous étions en désaccord, je regrette aussi toutes les fois où j'allais m'enfermer dans ma chambre en criant que je te détestais. Avec le recul et la maturité que je peux avoir maintenant, je peux te dire sincèrement (de tout mon coeur et de toute mon âme) : JE T'AIME, PAPA.
Je n'aurais jamais pensé que tu nous quitterais aussi tôt. À dire vrai, on ne pense jamais à ces choses-là. On croit qu'on a toute la vie devant soi pour profiter les uns des autres mais on se trompe. Jamais on ne pense que la mort va venir nous enlever un être cher, surtout si brutalement et si vite.
Ce qui me rend le plus triste (et qui, je te l'avoue me fais souvent pleurer) c'est que je n'aurai pas la chance de t'avoir à mes côtés le jour de mon mariage. Qui, ce jour là, pourra prétendre te remplacer, toi, mon père, pour me mener à l'autel ? Tu n'auras pas non plus la chance de connaître les petits-enfants que j'aurais pu te donner. Bien sûr, je leur parlerai de toi. Ils te connaîtront à travers moi, à travers les photos, mais jamais ils n'auront la chance de pouvoir sauter sur tes genoux ou baver sur tes T-shirts.
Si j'avais su que la vie que nous avions à partager serait aussi courte, je t'aurais aimé plus et plus fort.
Je repense encore à notre dernière conversation. C'était il y a 4 ans jour pour jour (tu nous quittais 2 jours plus tard). Je m'en souviens comme si c'était hier. Tes yeux pétillaient, ton visage était radieux. Tu étais heureux car j'avais pu réaliser mon rêve. Sache que cet instant restera gravé à jamais dans ma mémoire, car ce fut la dernière fois que j'ai pu t'embrasser et de dire : JE T'AIME, PAPA.
Au début, j'ai pris ton départ comme une trahison, un abandon, un déchirement. Égoïstement, je n'ai pensé qu'à moi. Tu me laissais seule avec ma peine et mon chagrin.
Pour finir, je ne te dirai qu'une seule chose, du plus profond de mon coeur : je t'aimais, je t'aime et je t'aimerai jusqu'à la fin de ma vie.
Ta fille,
Virginie.


